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Nom du blog :
daniello
Description du blog :
La poésie est partout. Elle plane dans la lumière et la nuit. Elle rode tout autour de nous comme..
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02.06.2007
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29.11.2008
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Le diable est une rousse

Le diable est une rousse

Posté le 14.01.2008 par daniello
Une lettre est arrivée depuis quelques heures. Elle est là, posée sur la tablette du salon, ouverte et dépliée ; elle semblait luire intensément comme une menace, une effroyable nouvelle. A quelques pas, à côté du canapé, recroquevillée, je gisais en pleurs.
Après un sursaut de volonté, je me levais et je décidai de me regarder dans le miroir parfois cela me calmait comme si mon reflet me renvoyait des ondes rassurantes et apaisantes.
J’ étais très belle. Blonde vénitienne (d’un or pur et lumineux), des yeux d’un bleu océan et profond et ils étaient noyés de larmes à la nacre très légèrement rosée. Et mes traits très fins, mes dents d’un éclat merveilleux, accusaient une certaine fragilité, on voyait souvent pointer de mon visage une émotion. Il se dégageait de moi comme un aura de fascination et de splendeurs. Mais contrairement à certaines personnes, la beauté n’avait jamais été pour moi, un don ou cadeau mais plutôt une sorte de punition. Osons le déclarer une malédiction ! Eloignée de tous et de toutes pour ce que j’ étais et je représentais, j’ étais perçue comme une personne exceptionnelle, un être rare. J’ étais choyée et côtoyée comme une star et une princesse. Mais tout cela avait un prix effroyable à supporter car j’ étais l’inaccessible. Mon corps magnifique aux proportions idéales, mes courbes pleines de grâce et de volupté, enrichissait un charme déjà enivrant. Mais toute cette séduction m’ apportait au quotidien qu’une solitude glacée et des rapports distants avec les gens. J’étais à tout jamais SEULE au monde.

Mais là n’est pas mon propos pour le moment, ma belle esseulée car je commençais à céder à la panique. Je me rongeais et m’accablais de tous les maux de la terre et du monde. Que pouvait elle endurer pour être dans un état pareil ? Oui, cette lettre est sans doute la réponse à mes questions. Que racontait elle ? Voyons un peu ce courrier. Rapprochons nous et lisons.



Mardi , 10 Février
Ma chérie, mon doux amour,

Tu dois être surprise n’est-ce pas ? Tu n’aurais jamais pensé que j’irai jusqu’à toi, suppliante, dominée. Ce n’est pas le sujet, ni le propos. Ma douce je veux t’éviter tous ces pièges sordides d’une femme humiliée et abandonnée par sa rivale. Je laisse la mesquinerie et les bassesses à d’autres.
Si tu savais comme je t’ai tellement aimée, admirée. Je me suis investie pour toi et dans notre histoire. Tu vivais ou survivais, seule, glacée, pétrie par la peur. Je t’ai offerte la vie, la joie, la certitude, j’ai déposé le monde à tes pieds. On était un couple d’amantes et de sœurs, des âmes sœurs comme je me plaisais à te dire et tu répétais ces mots avec plaisir et gourmandises. Et cette époque, nous étions soudées, complices. Te souviens-tu comme nous étions unies ? Maintenant, je me refuse à cette mendicité pitoyable des sentiments.
Tu gagnes ma belle et lui aussi du coup. Ta rousse, si passionnée, si fière, si cruelle, si entière, renonce à toi, à vous, à lui…Je suis devenue, soumise, perdue, sans force. Je baisse les armes, et je te laisserai donc convoler avec l’homme de ta vie ( il était de notre vie au début ). Rappelles-tu notre serment à tous les trois ? Nous vivrons un partage et une union à jamais. Il a eu le beau rôle notre saccageur. Il a fracassé et diabolisé notre histoire d’amour. Il a violé nos sentiments et perturbés nos relations et nos élans. Il a transformé tes désirs, ton état et tes sensations comme un conditionnement à l’ordre moral. Nous sommes devenues servantes à sa dévotion et son ambition. Mais qui faire, à cette époque nous l’aimions toutes les deux, notre amoureux le beau Alexandre. Son charme viril, tout son être nous envahissait, nous enivrait. J’étais souveraine et toi féerique. Il a cueilli nos fruits et nous a dévorées. Mais un jour, il a voulu dominer et de déesses nous étions devenues ses proies. Il a voulu régner sur ses femmes et sur sa femme ( il te préférait déjà m’écartant sans honte de notre histoire et de la sienne ; après avoir usé et abusé de moi, de nous).
Qu’importe, j’ai réagi, j’ai joué et j’ai perdu ! Il m’a dit que j’étais un démon et qu’avec toi Malicia, il avait trouvé enfin l’amour et que je devais comprendre et disparaître avec classe et tact.
Il m’a longtemps regardé et il a ajouté : « Ma belle, ma Domino, si forte, si maîtresse de tout et surtout des autres, je ne peux plus continuer ce jeu pervers, cette passion dévorante et morbide, cette dévastation, cette cruauté. Tu es une ogresse du coeur, une violente, une vampire. »
Il m’a jeté comme un tas de chiffons tout joyeux de son projet de te garder que pour lui comme un joyau. Il m’a regardé avec un sourire détestable et affreux ; longtemps. Il s’est moqué de moi, et parfaitement odieux il m’a caressé en m’excitant et en riant il m’a traité de tous les mots les plus dégradants. Ainsi, moi la belle au corps splendide, je n’étais rien, chassée à tout jamais de vos ébats, de vos amours et de vos vies. Après la stupeur et la surprise, je me suis dit que ma douce, elle allait m’accueillir et faire mentir ce diable, ce démon. Tu m’attendais souviens toi et comme une petite marionnette tu as joué le jeu prescrit. Tu as fait un numéro d’incomprises et de victimes. Il est arrivé chez toi et il a constaté son succès et il est reparti sans un mot sans un geste pour moi figeant ce sourire triste mais glacial ( celui que tu trouvais si craquant). Tu m’as contemplé et avec une autorité qui jusqu’à ce moment te faisait défaut ; tu as ajouté : « A la guerre comme en amour il faut savoir perdre » !
Je suis sortie en courant et les larmes ont surgi à flots et j’étais anéantie, pétrifiée, sans voix et sans raison de vivre.
Vous pouvez maintenant installer votre nid sur ma désolation. Notre amour interdit par les familles et les amis, notre sapho maudite ont été balayés par votre amour légitime. Qu’il en soit ainsi !
Avant de te quitter saches que j’ai pris dans le petit tiroir de la commode le revolver 6,45 d’ordonnance de ton père qu’ Alexandre a nettoyé et réglé pour toi, j’ai emporté aussi la boîte de comprimé bleu ( celle qui offre ce soulagement dans nos têtes et fait disparaître toutes nos inhibitions).
Hier, j’ai écris cette lettre.
Aujourd’hui au matin, tu reçois mon courrier
Si tu ne m’appelles pas dans les 24 heures alors je serai parvenue au tournent que le destin me réservait depuis longtemps ?
Sans appel de toi dès 6 H 15, je prendrai les comprimés ce qui me permettra après de prendre le revolver , je pourrai appuyer sur la détente en posant le canon dans ma bouche et voilà ce sera fini de moi.
Je pourrai rejoindre mes sœurs les harpies, les sorcières, les vamps et les démones
Adieu
Ma Malice
Profite de la vie
Avant qu’il te jette
Aussi
Pour de nouveaux délices
Ta Domino…





L’insupportable tension et les sentiments à l’agonie font exploser mon équilibre et je m’enfonce dans l’horreur. Je hurle :
- « Non, ce n’est pas possible. Il faut que j’appelle Alexandre et il faut faire quelque chose »
Fébrile je compose un numéro sur le combiné posait tout près du canapé.
- Alexandre ! Réponds moi vite criai-je inquiète en regardant tout à la fois le combiné du téléphone et l’heure sur l’horloge murale de mon appartement.
- Tit tit tit tit clama l’écouteur du combiné dans une angoisse folle
- Réponds je t’en prie Réponds continuais-je toute hérissée et en crises.
Je me résous à l’appeler et il est hélas 7 H 00
- Réponds Domino mais décroches non oh ! non…souffla-t-elle
- Oui dit une voix épuisée c’est toi ma douce
- Domino ne fait pas cela je t’en prie sanglotai-je
Un gros soupir et une voix très faible me dit effroyablement
- Tu as gagné je vais baiser Lucifer ajouta-t-elle dans un soupir
Et avec horreur je entendis un bruit formidable et assourdissant c’est le revolver qui avait tiré une balle.
- Bang !
- Non ! criai-je
- Oh ! Non mais non ! Je roulais sur le sol au désespoir.
Je me griffais le visage et puis je me roulais en boule. J’avais broyé la lettre et l’avais jetée dans la corbeille à papiers.

Dans le silence du matin, l’horloge murale battait le rythme comme un cœur. Je me dirigeais après à la cuisine et regagnais le salon avec dans ma main un immense couteau. Je pris l’arme et je m’ouvris les veines et je m’égorgeais avec comme témoin de la scène l’ordinateur dans le salon qui enregistrait tout avec le Webcam et que je remarquai seulement maintenant comme un coup au visage….
Je tombai au sol et m’agitant de mille et un sursauts.

Au même moment Alexandre recevait une lettre de Domino lui racontant qu’elle allait partir avec Malicia dans la soirée. Totalement affolé connaissant la perfidie et l’extraordinaire aptitude à la manipulation et la méchanceté de Domino, il appela immédiatement au téléphone Malicia. Sans succès et malgré des tentatives répétées rien n’y faisait. Il décida de se rendre sans plus tarder à l’appartement. Il entra et il la vit au salon ainsi il plongea dans l’horreur le plus complet.

La Webcam engistra son arrivée et il entendit glacé d’effroi un rire inhumain d’une cruauté totale. Un rire violent teinté de démence emplissait la pièce. La puissance de ce rire et le choc de la découverte lui donnait l’illusion qu’elle était là, plantée devant lui, grande rousse, des cheveux très longs et des yeux qui brûlaient de mille flammes.

Il attendait mortifié et tout à fait paralysé la voix lui dire au milieu du rire :
« Ah ! ah ! ah ! Que périssent les traîtres. Oups ! C’est merveilleux et le plus merveilleux c’est maintenant qu’elle ne sera plus jamais à toi mais à moi . A moi. Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! »

Elle hurlait véritablement de joie mauvaise comme un diable sortant de sa boîte. Et j’entendais sa chanson qui lui mutilait mon cœur pendant que je mourais gisant dans mon sang.





« Le diable est une rousse
Et son sourire me fiche la frousse…
Elle joue ma foi
Pour s’amuser de moi
Je reste transi
Contemplant
Ma vie
Tomber vers le néant
Le diable est une rousse
Elle m’a donné la frousse
Il ne reste rien
Que le triomphe de son dédain. »

Et ne sentant plus rien, il tomba lentement vers le sol dans les éclats de joie de Domino qui s’élevèrent tout à coup en crescendo ; à ce moment il vit dans la grande glace du salon son visage se craquait et ses cheveux blanchirent sous la marque de l'effroi.
Par Daniello…







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:: Les commentaires des internautes ::

Trop beau
Posté par lagrima le 14.01.2008
Trop beau tout ça!
J'aime!La petite sorçière passe te dire bonsoir sans faire de bruit;...
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Lk
Posté par loukristie le 15.01.2008
Et bé...
J'aime beaucoup ce style, à la fois romanesque et diabolique...
Un drame digne des plus grands romantiques... Le poète que tu es sait aussi user de sa plume pour des passions plus modernes...
Encore !
Bises.
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Lk
Posté par loukristie le 15.01.2008
Je voulais aussi te remercier pour ton passage sur mon livre d'or et pour les traces extraordinaires que tu y as laissées. Je suis heureuse de trouver dans d'autres yeux le reflet de mes émotions, je n'aurai donc pas exprimé tout cela en vain. Merci à toi.
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Bonsoir kdo
Posté par Mimi le 31.01.2008
ton blog est trés beau,woouuaaa,
je n'ai pas mis
encore mes écris.
Mais les tiens chapeau..
J'espére que tu accépteras
mon invitation???
Bonne soirée.MIMI
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