Wendy vient d’avoir ses 16 ans , elle a fêté son anniversaire en fumant un bédo et en suçant un comprimé d’extasie. Elle erre dans la rue et cela faisait des nuits et des jours entiers qu’elle n’avait ni vendu sa funeste marchandise ni trouvé de l’argent pour donner son dû quotidien à son protecteur. Elle était la petite marchande de Bédos dans le quartier populaire du Neuhof en banlieue Strasbourgeoise depuis quelques années.
Ainsi, la rue l’avait happée depuis 2 ans. Sa mère Marlène, serveuse dans un café brasserie ( Winstub comme on dit dans la région) avait la joie de partager sa vie, ses économies, son fric et son lit avec un parfait salaud ( c’était un homme violent, un vicelard et surtout très portée sur le tripotage des gamines de 12 à 15 ans). Celui-ci avait d’ailleurs mis à profit son vilain penchant lorsqu’un soir où maman n’était pas là ( travail oblige), il avait tenté, alléché par le beau minois de la petite, il avait dis-je tenté de la forcer en la coinçant dans sa chambre. Il avait déjà plusieurs fois tenté de l’abuser et de la violer mais si c’était un salaud, il n’était pas un costaud ce qui explique son insuccès et son énervement constant. En effet, elle avait à chaque fois mal réagi en se jetant sur lui en hurlant et un soir même devant sa mère.
Et encore, ce porc en rut tenta encore une fois de s’occuper d’elle, elle s’échappa en passant par la fenêtre et elle tomba de deux étages.
Mortellement inquiète durant cette fugue et après en observant les réactions incompréhensibles de sa fille et surtout embobinée par l’infect, Marlène fit appel à la protection de l’enfance car elle a été persuadée que sa petite fille était suicidaire et instable et comme la petite ne disait jamais rien situation très commode pour l’ignoble– elle fut placée en foyer , car il fallait surveiller la rebelle dangereuse pour elle-même et aussi pour les autres. Mais l’apothéose ou le déclencheur de sa fuite pour toujours de son domicile a été un jour de visite quand sa mère devant son éducateur a fait l’éloge de ce parfait compagnon si méritant et aussi merveilleux. Ce fut trop et cela lui était parfaitement insupportable car la petite ne pouvait plus supporter tout cela et surtout, elle fut convaincue d’un complot organisé. C’est pourquoi elle a préféré prendre le large.
Le beau-père en un beau dégueulasse qu’il était, a tout à fait jouait ses cartes et comme sa mère était totalement aveugle, complètement manipulée et surtout dépassée. Il avait le beau rôle.
Pleine de dégout et d’effroi, Wendy prit la résolution terrible .de s’enfuir pour mettre la plus grande distance entre elle et sa génitrice et surtout entre elle et ce sal mec aux appétits révoltants. Elle ne voulait plus avoir peur. Cependant, la jeune fille était seule, la proie de tous les fauves de nuit et de la zone mais elle ne savait plus quoi faire et où aller alors elle a subi..
C’est donc ainsi que Wendy a adopté la Rue avec ses lois, ses vices, ses mystères. La Rue l’a vite domptée, maltraitée et réduite à une sorte d’esclavage organisée. Sans domicile fixe, vivante d’expédiants, dominée par un homme dangereux, elle fut vite obligée de faire des choses tout à fait condamnables et interdites. Elle passa de l’herbe, de l’extasie, des comprimés, du LSD , du crak. Elle était forcée pour vivre et se loger, de faire ce négoce depuis qu’un dealer avait mis la main sur elle.
D’ailleurs d’autres hommes ont bien tenté de la vendre comme un bon produit juteux dans un quelconque réseau de prostitution. Surtout qu’elle était très attirante au début à 13 ans, élancée, blonde, des yeux magnétiques, un corps harmonieux et bien fait, une silhouette divine. Une vraie gourmandise pour les requins de la rue. Surtout qu’ elle était disponible, très vulnérable. avec son énorme besoin d’être aimée et soutenue en s’y prenant mieux l’investissement était prometteur.
Mais en fait, avec le temps, elle était devenue super folle peu à peu à force d’abus et d’agressions et elle était tout particulièrement agressive envers tout le monde dès que l’on venait à la toucher du moins dès que l’on essayait de la toucher. Elle avait sur elle un cutter et elle était devenue très bonne à ce jeu de frapper comme une hystérique dès qu’on tentait de l’approcher ce qui dégrisait ou désinhibait. La bonne volonté des messieurs. Un soir des hommes l’on coinçait et l’on touchait partout avec violence. Mais au lieu de sombrer, d’être effondrée comme toute victime de cet âge, elle est devenue comme possédée, enragée ; elle mordait griffer comme si 15 personnes étaient en elle et sa folie la rendait très dangereuse. Plus jamais, on tenta quoi que se soit surtout qu’une des passeuses lui à donner pour se défendre un bon cutter bien lourd et épais. Et même si on parvenait encore à l’immobiliser, elle se tortillait en bavant et en criant et comme une furie elle parvenait à arracher ses liens, elle faisait très mal et cognait comme une démente.
C’est pourquoi, son daeler prit une autre direction. Elle est devenue passeuse, dealer en second, vendeuse et commissionnaire. Elle avait la faculté avec sa fragilité et sa beauté de très jeune fille d’émouvoir comme un ange. Tous les gens la voyant passer s’émouvaient et les clients étaient rassurés par cette douce jeune fille. Son angélisme était une garantie de vente.
Les autres, ils en abusèrent et la firent travailler en lui donnant que quelques miettes de quoi juste subsister et survivre l’important était le chiffre pas le confort et les besoins de Wendy. Elle vécut trois hivers, deux printemps, deux été, sans rien démuni de tout. Les nuits dehors, les journées sans repas eurent vite fait de la marquer. Dormant dans des taudis, sous les ponts ou dans des maisons inhabités en étant aux aguets, tenaillée par la faim, elle était apeurée et décalée, irraisonnée.
Elle avait grandie et son aspect sal et repoussant ne donnait plus envie aux clients et aux daelers d’acheter ou aller vers elle. Son commerce ne marchait plus fort. Wendy n’avait plus d’argent . Elle avait en poche 3 bédos , et un briquet et quatre allumettes et un comprimé. Elle ne vendait plus rien et n’avait plus rien. La pression de la rue sur elle s’exerçait toujours dans son esprit et elle était à l’extrémité où on passait au tapin pour manger et même pire on vendait n’importe quoi même soi ( ces organes, son sang, sa santé).
Maintenant, cela faisait trop longtemps qu’elle n’avait pas mangé. Des vertiges l’envahissait et la faisait tomber. Pleurant, pleine de désespoir, elle fouilla dans sa poche et trouva le briquet et un bédo et elle l’alluma comme pour s’échapper vers là-bas
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1
Elle se rappelait un après-midi où allongée sous un porche, en fin d’après midi en pleine rue en pleine été, elle fumait et fumait et elle riait ; c’était une rare journée de bonheur…
Petit à petit , elle eût des visions de l’Eté et d’autres plus éblouissantes et elle fut transportée dans l’autre monde.
D’un souvenir heureux avec Marlène du temps de son père vivant quand elle allait au manège d’équitation et puis tout se brouilla et elle aperçut comme un film cette vision dorée.
Elle se voyait Cavalière d’un cheval magnifique, elle était la championne. Elle dressait son merveilleux étalon « Sombrero ». Elle avait sur sa tête son bombe et très chic et stylée dans ses habits d’amazone, elle semblait régner en Déesse sur le manège de dressage du club hippique.
N’avait elle jamais souhaité autre chose de la vie que de devenir cette cavalière ?
Et c’était le trïomphe. Splendide, elle était là , dressée et fière, la meilleure.
Tout à coup, elle reçoit un coup de pied violent. Elle fut tirée de son flash pour chuter sur le trottoir à deux pas du caniveau.
- « Hep ! La salope, tu passes un taf . Tu me le donnes ou il faut que je t’encule lui dit une voix mauvaise
- Je te découpe si tu me touches hurla t’elle en brandissant le cutter de sa poche et en le gigotant dans tous les sens à toute vitesse.
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Prise de vertige et de spasmes nauséeux, elle alla sur lui rapidement. Méchant, mais froussard, notre charmant spécimen apostrophé de la sorte, prit le large. Pendant ce tapage, le bédo chuta et fut écrasé par un passant pressé. Elle retomba au sol avec un grand mal de cœur. Elle avait le désir de revenir à ce beau moment de lumière et de bonheur où elle était encore pour un instant un être humain. Elle était fêtée, sa vie avait un sens, et surtout elle échappait à sa réalité..
Sa tête la faisait souffrir et le monde sinistre redescendait dans la rue. Les hommes passaient et parfois la regarder comme un chien regarde une saucisse car malgré tout elle avait encore des atouts et de l’attrait pour les loups des rues et pour les hommes concupiscents.
La faim lui tenaillait le ventre et elle avait de plus en plus du mal à respirer.
Alors elle décida d’en fumer un second tout n’était que tristesse et elle voulait juste un peu de lumière et de rêve.
2
Elle pompa sur son joint avec frénésie et repompa comme un bébé têtant son lait.
Puis…
Sa mère et elle étaient dans une chambre magnifique. La décoration était somptueuse. Elles s’embrassèrent. C’était le réveillon de Noël. Il faisait bon et chaud et l’amour emplissait les lieux et les gens. Sa mère l’aimait, elle était aimée. Elle était Wendy, belle, jolie, comme un ange de la nativité. Sa tête blonde, ses yeux bleus et sa bouche cerise étaient d’une rare beauté ;
Elle s’évanouit de bonheur et sombra dans une nuit noire et profonde.
Le froid la prit et lui serra fortement le cœur. Les poumons prêts à exploser, la tête douloureuse, elle se réveilla.
Le Bédo fumant au sol quasi consumé à ses côtés.
Proche d’elle un homme au visage aimable la regardait tristement n’osant s’approcher,n’osant l’aider.
Elle l’insulta et le traita de tous les noms et vomit et toussa le faisant fuir épouvanté.
Elle resta prostée dans la nuit et dans la pénombre, elle avait depuis longtemps manqué l’heure où elle devait payer son daeler qui apparemment ne l’avait pas retrouvée. Elle n’était pas en sécurité et était à la merci de n’importe quoi, elle se le répétait et tout à fait effrayée, elle tremblait.
Elle décida d’en finir et de fumer son troisième bédo et comme c’était le soir de Noël, elle y ajouta son comprimé et dans un sursaut elle essaya aussi de s’ouvrir les veines avec son cutter. C’était son final et avant que vacillante et sans forces, elle voulait se donner un beau réveillon sans recevoir des gnons de son dealer.
3
Elle avait beaucoup de mal à allumer le troisième bédo ( sa poitrine battait à tout rompre ) elle avait froid, et très faim, son briquet ne marchait plus et les allumettes non plus et elle avait soif et ne parvenait plus à fumer. Elle toussa et retoussa jusqu’à l’épuisement. Puis elle parvient à fumer avec un mégot jeté à ses pieds avec le reste d’énergies déclinantes. Et dans un sursaut de désespoir, elle se taillada les veines et glissa pour rester allongée à même le sol.
Un flash d’une intensité extraordinaire apparut. La lumière était magnifique et elle vit …
Tout ce qu’elle aurait pu être mais aussi tout ce que la vie possède de magie et de beauté.
Elle fut sublimée par cette beauté, irradiée et brûlée par cette vision et par l’inutilité de sa vie.
Le pétard tomba et les restes consumés formèrent comme un cœur lacéré par une flèche.
Wendy était là sans vie gisante sous un porche sans compagnie et la neige commençait à la recouvrir petit à petit. C’était son dernier cadeau, elle la vit cette neige et sourit comme une gosse et elle sombra et s’évanouit.
Mais peut on mourir un soir de Noël à 16 ans ?
De la nuit, une lampe sur un casque perça les ténèbres et s’approcha de son corps sans mouvements et quasi sans vie, un pompier la prit dans ses bras après l’avoir examiné rapidement et courut pour la porter vers une ambulance.
Dans le véhicule, ils luttèrent des heures pour lui sauver la vie. Et le pompier lui dit comme un petit miracle ces quelques mots : « tu sais chaton on t’aime, ta mère t’aime ; personne ne te veut du mal » A ces mots, comme une sorte de promesse la baigna et l’entoura.
Alors elle eut cette décision, elle s’accrocha pour vivre et pour tenter de voir sa mère si par hasard on voulait l’aider et voilà un autre petit miracle pour cette fille perdue et sans espoir.
Après de longues heures à l’hôpital elle revint à la vie et à la conscience. Elle ouvrit tout doucement les yeux et regarda à droite et à gauche et vit à quelques mètres de son lit sa mère et heureusement pas son ordure de beau-père accompagné d’ un homme et d’un jeune homme.
Aussi doucement, qu’ils purent et il s’approchèrent d’elle et sa mère lui sourit en pleurant et la prit dans ses bras pour la rapprocher de son cœur.
Elle pensa alors : « c’est merveilleux, je suis morte et je suis au paradis ».
Elle se pinça pour voir
« Aille »
- Qu’as-tu ma chérie
- Alors je ne suis pas morte
- Non heureusement tu n’es pas morte et maintenant que je t’ai retrouvée encore moins
- Je t’aime ma fille dit la mère avec douceur et souffrance et avec une grande douleur en elle
- Moi aussi maman
Elle regarda les deux hommes et demanda à sa mère « qui sont ces gens ? »
Ah oui avec tout cela je te présente mon ami et son fils Peter.
Alors inquiète mais curieuse elle demanda avec espoir « vous êtes le nouveau ami de maman ? »
Non, ma chérie nous sommes juste des amis mais il faut que l’on te dis que on a réussi à se débarrasser de ce fumier de Roger ton ex beau-père et qu’ on a aidé ta mère pour cela et que elle s’est rendu compte du joli coco qu’il était.
Oh excuse moi ! j’oubliai de me présenter je m’appelle Vincent Pan et voici mon fils Peter.
Je les regardai et plus je regardai Peter plus il me faisait penser à mon héros de mon enfance volant et voltigeant pour plaire à une Wendy princesse si merveilleusement aimée.
Je lui pris la main et je le pinçai et moi aussi et rassurée d’une part qu’il n’ait rien dit et pas réagi et pas gémi et d’autre part qu’il me sourit avec douceur et complicité, je fus si heureuse si apaisée que je m’assoupis et je m’endormis avec dans mes oreilles à quelques pas de ma chambre une chanson de Noël vibrante comme une promesse future.
Et en fermant les yeux j’eus cette pensée :
« Angelina a bien son Brad Pitt moi j’ai bien le droit à mon amour magique comme quand j’étais enfant au lieu de vendre ma saloperie de came, et si je pouvais devenir sa fée clochette … Et je serai merveilleuse en Fée pensa t elle en soupirant très fort avant de s’endormir »
Magnifique histoire, émouvante et bouleversante... Je ne m'attendais pas à la fin... Merci pour ce "conte de fée" moderne raconté avec le coeur...
Bises.
Merci pour topn gentil com..
Il est vrai qu'une image vaut milles mots et que parfois aussi elles nous laissent muettes !!
ton texte est poignant, et émouvant, merci à toi de passer chez moi , de me laisser d'aussi gentils message, bisous d'une louve
toutes les âmes en peine pouvaient rencontrer "peter" ou croiser le chemin de"pan"!